Comité national olympique et sportif français

 

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Garmisch-Partenkirchen 1936

 

La fiche

Dates : 6-16 février
Nations : 28 (dont l'Espagne)
Sports : 8
Sports de démonstration : 2 (patrouille militaire, eisstockschiessen - variante allemande du curling)
Epreuves : 17
Autres villes candidates : Montréal (Can), Saint-Moritz (Sui)

Participants : 668 (588 hommes, 80 femmes)
Sélectionnés français : 35 (aucune femme)
Médailles distribuées : 51
Palmarès français : 1 médaille (bronze)
Ouverture des Jeux : Proclamée par Adolf Hitler, dictateur du IIIe Reich
Serment Olympique : Prêté par le skieur alpin Wilhelm Bogner
Président du CIO : Comte Henri de Baillet-Latour (Bel)

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Les repères

Le ski alpin est admis pour la première fois aux Jeux. Entrée tumultueuse puisque le Comité international olympique, fidèle à sa conception pure et dure de l'amateurisme, interdit de compétition les moniteurs de ski autrichiens et suisses considérés comme des professionnels.

Le Britannique Arnold Lunn, le pere du ski alpin qu'il a codifié, déjà très agacé par la propagande nazie ambiante, se prononce en faveur d'un boycottage. II n'est pas suivi. Bien d'autres polémiques émailleront, jusqu'aux JO 1972 (exclusion de l'Autrichien Karl Schranz trois jours avant les Jeux), les rapports tendus et souvent conflictuels entre les dirigeants du ski alpin et ceux du CIO.
Chez les messieurs comme chez les dames, seul le combiné, disputé sous la forme d'une descente suivie d'un slalom, donne lieu à l'obtention de médailles.

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Le résumé : du sport à la propagande nazie

Même si des voix s'étaient élevées pour protester contre « l'entreprise de propagande nazie » que représentait l'attribution des JO d'hiver de 1936 à Garmisch-Partenkirchen, le CIO, qui avait pris sa décision en 1931, campa sur ses positions. Beaucoup considéraient ces Jeux comme une répétition générale des JO d'été de Berlin. Ceux de Garmisch n'avaient-ils pas été confiés à Joseph Goebbels, ministre de la propagande du IIIe Reich ?

Des personnalités, telles l'Anglais Arnold Lunn, le père du ski alpin, appelèrent au boycottage. En vain : les responsables olympiques arguèrent de l'affirmation des dirigeants du Reich qu'ils ne pratiqueraient pas la discrimination raciale.

Pour ces JO (photo), où le record de participation fut largement battu (668 athlètes contre 464 à Saint-Moritz en 1928), tous les moyens financiers et techniques réclamés par Goebbels furent acceptés. D'importantes infrastructures virent le jour : "stade de neige" pouvant accueillir 100.000 spectateurs, stade de glace couvert, piste de bobsleigh.
Lors de la cérémonie d'ouverture, la croix gammée était omniprésente. Accueilli par des spectateurs, le bras tendu, Hitler ouvrit "ses" Jeux. Un véritable spectacle anima la cérémonie d'ouverture. Sans Pierre de Coubertin.

Météo clémente
Contrairement aux JO de Saint-Moritz et Lake Placid, les conditions météorologiques, critiques avant le début des épreuves, furent idéales.


Franz Pfnuer

Côté compétitions, le ski alpin fit son apparition. Mais un différend entre CIO et Fédération Internationale de Ski ferma la porte à la plupart des meilleurs skieurs européens. Les Allemands Franz Pfnuer et Christl Cranz enlevèrent les titres des combinés, seuls décernés pour cette première de l'alpin.

Domination sans partage des Scandinaves en ski de fond, combiné nordique et saut à skis. Cette dernière épreuve revint au Norvégien Birger Ruud, vainqueur pour rien de la descente de ski alpin, une épreuve sans médaille.

Le patinage de vitesse fut la chasse gardée du Norvégien Ivar Ballangrud qui rafla 3 médailles d'or et 1 d'argent.


Karl Schaefer


Sonja Henie

En patinage artistique, le 3e titre olympique de Sonja Henie fut long à se dessiner en raison de l'opposition de Cecilia Colledge, une Anglaise de 15 ans. Plus facile fut la 2e victoire consécutive de l'Autrichien Karl Schaefer.
La surprise des JO fut la défaite des hockeyeurs canadiens, grâce à une idée du président de la Fédération Britannique, J.F. "Bunny" Ahearne. Dès 1934, il avait recruté un groupe de Canadiens d'ascendance britannique pour en faire la meilleure équipe du tournoi. Au grand dam des responsables canadiens.

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Le fait

Le différend CIO - FIS
Absent des jeux Olympiques d'hiver depuis leur création en raison de l'opposition des pays nordiques, le ski alpin trouve enfin place dans le programme officiel des JO de 1936 grâce à l'opiniâtreté d'Arnold Lunn, l'inventeur du slalom en 1922. Malgré tout, M. Lunn appellera (en vain) au boycottage de ces Jeux de Garmisch-Partenkirchen, dans lesquels il voit une vitrine des idées du nazisme.
Si des épreuves masculines et féminines sont programmées, seul le combiné, alliant descente et slalom, donne droit aux médailles.
Ces débuts olympiques du ski alpin ne se passent pas dans la douceur. En effet, avant la compétition, un différend oppose le CIO et la Fédération Internationale de Ski, la FIS, et pénalise notamment les délégations autrichienne et suisse.

Amateurisme bafoué

Estimant la règle de l'amateurisme bafouée par la présence des moniteurs de ski de ces deux nations, qui figuraient parmi les vedettes du ski alpin de l'époque, ceux-ci sont interdits de compétition par le CIO. Malgré les protestations de la FIS, la règle ne changera pas.
L'année suivante, la FIS décidera de créer les Championnats du monde, auxquels seront admis les moniteurs.
Bien des années plus tard, la dernière victime de la notion de professionnalisme sera l'Autrichien Karl Schranz, exclu des JO quelques jours avant le début des compétitions olympiques de 1972.

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L'exploit

Carton presque plein pour Ballangrud
Ivar Ballangrud avait été l'un des rares patineurs de vitesse européens à participer aux JO de Lake Placid, malgré les règles controversées mises en place par les organisateurs américains. Les JO de Garmisch-Partenkirchen seront "ses" Jeux.
Déjà médaillé d'or du 10.000 m à Saint-Moritz en 1928 et d'argent sur la même distance à Lake Placid, le Norvégien est le grand favori des 4 courses programmées.

Sur l'anneau de glace naturelle du Riessersee, Ballangrud prend sa revanche sur les Nord-Américains, qui sauvent l'honneur en décrochant une médaille de bronze sur 500 m par l'Américain Leonard Freisinger.


Ballangrud en action

Premier jour de compétition. Au 500 m, Ballangrud devance son compatriote Georg Krog d'un dixième de seconde, égalant le record olympique. Le lendemain, il est au départ du 5000 m, dans lequel il devance les Finlandais Birger Vasenius et Antero Ojala.

Deuxième du 1500 m
Le 3e jour, fausse note dans le 1500 m où il se contente de la médaille d'argent, à une seconde de son compatriote Charles Mathiesen.
Enfin, le 14 février, dans le 10.000 m, il parachève son succès en dominant Vasenius, sur lequel il prend un ascendant dès la mi-course, et l'Autrichien Max Stiepl, un des meilleurs patineurs mondiaux de l'époque. Record olympique pulvérisé.

Avec ces 4 médailles, la collection d'Ivar Ballangrud passe à 7 trophées : 4 d'or, 2 d'argent et 1 de bronze. Il est alors considéré comme le digne successeur du Finlandais Clas Thunberg, l'homme aux 5 médailles d'or, celui qui n'avait pas voulu faire le voyage de Lake Placid.

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Les anecdotes

Chiens
Au cours d'un déplacement pour les JO, le président du CIO, le comte Henri de Baillet-Latour, remarque des panneaux indiquant "Interdit aux chiens et aux Juifs". Il demande aussitôt une audience à Hitler, qui lui rétorque qu'il est d'usage qu'un invité se plie aux voeux de l'hôte. Le drapeau olympique flottant sur les sites, le président du CIO estime qu'il est l'hôte de ces Jeux. Les panneaux sont retirés.

Origine
Ayant voulu former une équipe de Grande-Bretagne digne de concurrencer celle du Canada, invaincue aux JO, le président de la Fédération Britannique de Hockey, J.F "Bunny" Ahearne, trouve la solution. Dès 1934, il dresse une liste de joueurs canadiens d'ascendance britannique qu'il sollicite. Neuf d'entre eux prennent la nationalité britannique et gagnent le tournoi olympique grâce à une victoire 2-1 sur... le Canada.

Juif
Rudi Ball, la vedette du hockey sur glace allemand, qui avait fui son pays quand les nazis avaient lancé les lois antisémites, accepte, un mois avant la compétition, la proposition des dirigeants du Reich de revenir chez lui. Il est le seul Juif de la délégation allemande.

Trains
Pour permettre aux spectateurs de se rendre sur les lieux de compétition, des trains spéciaux partent de Munich toutes les 10 minutes vers Garmisch-Partenkirchen. Les affluences sont énormes, notamment pour le saut à skis, suivi par près de 150.000 personnes.

Pluie
Abondante avant la cérémonie d'ouverture, la pluie qui s'est abattue sur Garmisch-Partenkirchen, s'arrête pour faire place à la neige. Au lendemain de la dernière journée de compétition, les gouttes se remettent à tomber.


Christl Cranz


Slalom
Bien qu'ayant terminé 6e de la descente, l'Allemande Christl Cranz gagne le combiné grâce à sa 1ère place en slalom. La Norvégienne Laila Schou Nielsen, également adepte du ski de fond et du patinage de vitesse, se contente du bronze.

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Les Français aux Jeux

La sélection française ne compte aucune skieuse dans ses rangs mais elle est forte de sept éléments : Emile Allais, Roland Allard, René Beckert, André Tournier, Emile Folliguet, René et Maurice Lafforgue (futur père des jumelles Ingrid et Britt qui s'illustreront au début des années 70).
Le foehn et la pluie détériorent la neige sur les terrains du Kreuzeck. Quel tracé choisir, sur les trois prévus, pour organiser la descente ? Quelques heures seulement avant la course, le jury, présidé par le Docteur Votsch, opte pour la piste Neuner qui serpente dans la forêt. C'est le Norvégien Birger Ruud, champion olympique... de saut qui accomplit les 3,8 km du parcours en près de cinq minutes (4 min 47 sec 4) après avoir utilisé un rocher comme... tremplin dans le dessein de prendre un raccourci.

Emile Allais termine quatrième en 4 min 58 sec 8. Très rapide dans les secteurs pentus, il perd une dizaine de secondes sur un replat conduisant à l'arrivée. II accuse le fartage. Que s'est-il réellement passé quand on sait que l'opération a été confiée à l'entraîneur des fondeurs français, un... Norvégien nommé Karby. Le compatriote de Ruud replique: "Mon fartage était bon. Ce n'est pas le cas de la technique des Français..."
Troisième du slalom - il remonte dans la pente après avoir manqué le franchissement d'une double porte -, Emile Allais s'adjuge la médaille de bronze du combiné. La première médaille olympique du ski alpin français.

Commence pour Emile Allais une prestigieuse carrière au cours de laquelle il mettra son talent éclectique et sa personnalité au service du ski : champion ("triplé" descente, slalom et slalom géant au Mondial 1937), théoricien ("Méthode française de ski" mise au point avecPaul Gignoux), entraîneur (équipe du Canada aux Jeux de 1948), créateur de pistes et de stations (Portillo du Chili, Squaw Valley, Courchevel...).

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Les médailles françaises

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