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Vers une nouvelle gouvernance du sport?

 

Vers une nouvelle gouvernance du sport?

La Première Conférence Nationale du Sport s’est tenue le 20 novembre 2008 à la Maison du Sport Français, siège du Comité National Olympique et Sportif Français (CNOSF). Les principaux acteurs du sport français (mouvement sportif, Etat, collectivités territoriales, entreprises…) s’y sont réunis afin d’envisager ensemble, l’orchestration de la gouvernance sportive de demain.

Introduite par Henri Sérandour, président du CNOSF, après un message d’accueil de son secrétaire général, Michel Vial, cette Première Conférence Nationale du Sport s’était dessinée dès 2006 lors de la préparation du Livre blanc du CNOSF (La raison du plus sport) qui réaffirmait les positions et contributions du Mouvement sportif français sur de nombreux sujets, tels que l’économie, le développement, le haut niveau…

Elle avait pour objectif de faire échanger les différents acteurs du sport en vue d’affiner la synergie nécessaire des apports de chacun au bénéfice du sport, sujet d’intérêt commun. Il s’agissait en effet, selon les propres mots adressés à l’assemblée par Henri Sérandour « d’approfondir nos relations, de concevoir d’autres manières de les développer et de valoriser leur indispensable complémentarité (…) d’agir ensemble de façon mieux orchestrée, notamment en terme de gouvernance et de financement ».

En effet : « nous œuvrons au quotidien pour le bien du sport mais nous le faisons souvent les uns à côté des autres, plus rarement à l’occasion d’exercices obligés, les uns avec les autres ». Or, « le premier objectif de la gouvernance est d’apprendre à vivre ensemble et à gérer pacifiquement la maison commune ».

Ainsi que le regrettait Henri Sérandour : « La maxime 'Qui paye commande', semble parfois valoir de règle de gouvernance, lequel ne renvoie pas à l’équivalence des échanges réels entre les partenaires ». Or il convient de « permettre à toutes les entités qui participent à la vie du mouvement sportif de voir leurs intérêts respectés et leurs avis bien compris dans son organisation et son fonctionnement ».

Dans un souci d’efficacité et de cohérence, la gouvernance doit être partagée et « ne pas reposer sur une séparation des territoires d’intervention des uns et des autres acteurs, mais bien sur la combinaison des spécificités de chacun selon des modalités de régulation empreintes des principes de subsidiarité et de suppléance ». Ce souhait, Henri Sérandour le complétait par le constat que le mouvement sportif, représenté par le CNOSF, a la capacité et est sans doute le mieux placé pour donner tout son sens à une gouvernance partagée.

Evoquant la formation ou le respect de la propriété des organisateurs des épreuves sportives à l’occasion de l’ouverture des paris en ligne, le président du CNOSF a conclu son ouverture par un appel à cette nouvelle gouvernance synonyme « d’une plus grande synergie pour les interactions entre le mouvement sportif et les acteurs institutionnels et privés (…) qui contribuent à la réalité du sport d’aujourd’hui ».

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Travailler ensemble pour le bien commun du sport français

La conférence tenue ce 20 novembre posait notamment la question fondamentale de la place du mouvement sportif dans la gouvernance du sport, nécessairement liée à celle du financement.

Acteurs historiques, l’Etat et le mouvement sportif sont au cœur d’une gouvernance du sport organisée, et depuis 1984 établie, de manière bipolaire et pyramidale. Mais, ainsi que l’a rappelé Marie-Christine Gillet, présidente de Tarkett Sport Europe, les quatre piliers du sport en France sont désormais le mouvement sportif, l’Etat, les collectivités territoriales et le secteur économique. En conséquence, appelait-elle une gouvernance partagée de ces quatre piliers et posait le socle du débat.

Denis Masseglia, membre du bureau exécutif du CNOSF, l’a rappelé : « les bases d’une gouvernance partagée existent bien, mais son organisation peine à suivre les évolutions ». Ainsi évoquait-il une récente étude européenne réalisée par Vocasport établissant que le sport français, pourtant le plus intégré, est celui dans lequel le mouvement sportif participe le moins à la gouvernance.


Denis Masséglia

« Il me semble évident que toute évolution de la gouvernance du sport nécessite d’abord un accord sur les apports respectifs de chaque acteur car une gouvernance rénovée ne peut se concevoir que dans le respect et la considération de chacun envers les autres » a-t-il expliqué. « Quelle que soit la réponse apportée, il faudra ensuite trouver le meilleur moyen de fonctionner car il ne suffira pas de décréter que l’on veut une gouvernance à 2, 3 ou 4, il faudra aussi créer un système viable dans lequel chacun pourra trouver de quoi exprimer son savoir faire dans le respect de celui des autres. Quel que soit le modèle futur, sa mise en place nécessitera du temps et donc une période transitoire. Celle-ci aura d’autant plus de chances d’être réduite et le futur modèle de réussir, que ses acteurs seront convaincus de l’indispensable synergie à trouver avec l’apport de chacun, et de l’intérêt qu’il y a à réfléchir, décider et travailler ensemble pour le bien commun du sport français » a conclu Denis Masseglia.


Hugues Moutouh

Hugues Moutouh, directeur de cabinet au secrétariat d’Etat chargé des Sports, de la Jeunesse et de la Vie Associative, a insisté sur les rôles d’arbitre, de soutien financier et humain, voire de prestataire dans certains domaines, de l’Etat. Aux interrogations relatives à son efficacité ou à sa place excessive, M. Moutouh a rappelé que l’Etat ne devrait intervenir que s’il a une réelle légitimité à le faire, précisant « c’est peut-être cela le réel changement (…) Nous ne sommes plus dans un temps où l’Etat était omnipotent ».

Selon lui, et dans le respect du principe de subsidiarité, l’Etat ne devrait donc continuer à agir que dans les domaines où il est le plus légitime : installations, cadres techniques, aides aux fédérations. La logique ne devrait donc pas être concurrentielle, mais complémentaire. L’objectif est d’intérêt général : permettre au sport français de se développer et d’obtenir les meilleurs résultats possibles dans le champ le plus large possible.


Marie-George Buffet

Pour Marie-George Buffet, ancienne ministre des Sports, les questions de gouvernance et de financement relèvent de l’intérêt général et s’apprécient dans la dimension de service public reconnue aux institutions sportives. Ils ne doivent dès lors pas être soumis à la marchandisation et aux intérêts privés (dont l’ancienne ministre a néanmoins loué les apports), l’erreur constituant alors à prendre gouvernance comme uniquement dépendante du problème de financement.

Pour la députée du groupe Gauche démocrate et républicaine de l’Assemblée nationale, le sport doit être une source de partage ; dans la redistribution, mais également dans la gouvernance. Compte-tenu du rôle premier du mouvement sportif et des instances sportives légitimement élues, l’unité fédérale et la gouvernance du CNOSF doivent être préservées, tous les partenaires devant agir dans leur domaine spécifique de compétence. A ce titre, Marie-George Buffet a regretté la disparition, par décret, du CNAPS, lieu d’interaction et d’échange remis en cause récemment.

S’interrogeant sur l’avenir de la gouvernance du sport, Mme Buffet a projeté un ministère qui se transformerait peu à peu en commission du haut niveau. Appelant à un ministère des Sports de plein exercice, à une clarification du lien et des compétences entre Etat et collectivités territoriales et à des subventions pluriannuelles ne soumettant pas le mouvement sportif au bon vouloir du politique, Marie-George Buffet a par ailleurs préconisé une gestion plus démocratique du CNDS, prélude à un partenariat riche pour le sport et la pratique du sport dans notre pays.


Alain Gest

Député de l’Union pour un Mouvement Populaire, Alain Gest est également revenu sur le modèle de cogestion mis en place en 1984. A son sens, le rôle de l’Etat doit se faire en complémentarité des acteurs privés, tout en associant pleinement le mouvement sportif à la gouvernance du sport. Dans cette vision, l’Etat oriente, poursuit ses intérêts, mais ne doit pas s’immiscer dans la gestion de chacune des parties prenantes dans leur domaine. A titre d’exemple, M. Gest a évoqué la procédure de conciliation préalable, gérée par le mouvement sportif avec une réussite admirable qui résout 95% des litiges en dehors du champ des juridictions ordinaires françaises.

Evoquant le risque de dérive lié à une libéralisation totale des paris en ligne à l’échelle européenne, le député et président du conseil général de la Somme a affirmé la volonté de poursuivre une politique solidaire.

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Financement, solidarité


Jean-Michel Brun

Jean Michel Brun, membre du Bureau exécutif du CNOSF, a insisté sur le fait que la santé physique, la solidarité organique, l’unité amateurs-professionnels, le sport de compétition comme le sport de loisirs étaient les principes fondamentaux du sport français : « Le mouvement sportif doit être en capacité de préserver son identité, ses principes, sa spécificité, le lien très fort entre le sport de masse et le haut niveau ».

Il a aussi insisté sur l’importance de l’organisation de grands évènements « qui met en valeur notre savoir faire et notre rayonnement international », prenant exemple sur la Coupe du Monde de rugby 2007, « qui a eu un effet économique sur les régions, qui a dégagé un bénéfice de 30 millions d’euros, permettant à la Fédération Française de Rugby de s’autofinancer et de redistribuer ces sommes vers la base ».

Avec la gouvernance, le financement du sport était au cœur de cette Première Conférence Nationale du Sport ; un sujet d’autant plus sensible en cette période de crise financière internationale qui menace à terme l’équilibre économique du sport. Si Marie-George Buffet a bien averti qu’il ne fallait pas prendre la gouvernance comme uniquement dépendante du problème de financement, ces deux éléments restent associés, ainsi que l’avait évoqué Henri Sérandour en ouverture.

Depuis une trentaine d’années, le monde de l’entreprise a rejoint l’Etat et les collectivités territoriales dans le financement du sport.
Christophe Blanchard-Dignac, président directeur général de la Française des Jeux a rappelé que la loterie nationale était engagée dans le soutien du sport pour tous, avec un apport de 226 millions d’Euros en 2008 pour le CNDS, pour un chiffre d’affaires de 9,2 milliards d’euros et une contribution publique de 2,6 milliards.


Christophe Blanchard-Dignac

M. Blanchard-Dignac a mis en avant « l’engagement durable » de la Française des Jeux dans le financement du sport. Pour lui, le secteur privé à un rôle à jouer, mais l’Etat ne se retire pas du sport au profit du privé. Les deux n’ont ni la même mission, ni les mêmes objectifs, mais les intérêts peuvent converger. Répondant aux résistances suscitées par une plus grande insertion du privé dans le financement et la gouvernance, M. Blanchard-Dignac pose la question : « serions-nous les seuls au monde à se priver du privé ? ». Pour lui, « chaque acteur doit renoncer à l’idée qu’il est capable de tout faire tout seul et doit se recentrer dans les domaines où il est le plus efficace et légitime ».

En conclusion, M. Blanchard-Dignac a évoqué le concept de « Sport durable », dans la gouvernance et le financement du sport, dans la responsabilité sociale de l’entreprise, dans le développement durable.

Pour Mme Buffet, la question de l’appel au privé n’est pas une question nouvelle.
L’entreprise a un rôle à jouer dans le sport, dans le financement, mais aussi pour la pratique sportive sur le lieu de travail, l’insertion professionnelle… Or, soulignant l’actualité économique, Mme Buffet a exprimé ses craintes d’un retrait de l’investissement privé dans le sport. En réalité même, les conséquences de la crise économique affectent également les collectivités territoriales et suscitent d’importantes inquiétudes. Dans tous les cas, une source unique de financement n’est pas envisageable.

Mais la motivation des investissements privés pose question : au service du sport ? pour faire de l’argent ? Et de là découle un certain nombre d’autres interrogations, soumission aux règles sportives, droit à l’image…

Cette question du financement privé appelle donc à la maitrise par le mouvement sportif de son utilisation, de sa finalité, pour un partenariat réel avec l’ensemble des pratiques et instances sportives. Quoi qu’il en soit, pour Marie-George Buffet, un financement public reste incontournable pour garantir l’équilibre du mouvement sportif et son indépendance.

Avec un budget Sport de 441,6 millions d’euros en 2007, et toujours croissant, les collectivités territoriales sont devenues des acteurs majeurs du sport ainsi qu’ont pu l’illustrer les protocoles d’accord signés avec le CNOSF. Inversant l’adage cité par le président du CNOSF, M. Philip a d’ailleurs estimé, dans une préoccupation territoriale : « qu’il faut que celui qui décide paye et que celui qui paye légitimement le fasse à son échelle et du fait de sa propre décision ». A ce titre, Denis Merville, vice-président de l’Association des Maires de France a regretté la faible part du budget de l’Etat (0,29%), consacré au Sport comparé à l’importance des fonds engagés par les collectivités locales.


Valérie Fourneyron

Ce constat a été partagé par Valérie Fourneyron, députée du Groupe socialiste radical et citoyen et divers gauche de l’Assemblée nationale, qui a dénoncé les moyens en diminution constante du sport dans les derniers budgets de l’Etat. Pour elle d’ailleurs, les « coups de ciseaux » n’ont pas été réalisés de manière homogène : au détriment de la promotion du « sport pour tous », du financement des pratiques, et avec une fragilisation des moyens attribués au sport scolaire. Rejoignant les conclusions de Mme Buffet, Mme Fourneyron a estimé que l’Etat semble vouloir se centrer sur le financement du sport de haut niveau, avec notamment un budget équivalent pour le droit à l’image et le « sport pour tous ».

Notons enfin, sur ce rapport du financement à la gouvernance, la conclusion de Guy Drut. Reprenant à son tour l’adage « Celui qui paye décide » en l’inversant, et parce que les évolutions dans le financement doivent s’accompagner d’évolutions dans la gouvernance, Guy Drut a logiquement averti : « Quand on paye moins, on commande moins ».

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Intégrer les collectivités territoriales ?


Thierry Philip

Vice-président de la commission sport de l’Association des Régions de France, Thierry Philip a le premier exprimé les volontés des collectivités territoriales.

Celles-ci veulent assumer le rôle de coordinateur de l’action territoriale, de catalyseur, de régulateur de l’intervention publique dans le sport, d’animateur des schémas de cohérence et d’observateur des besoins. Le sport n’entrant pas dans le champ de compétence réelle des régions, il prend toutefois une part importante au sein de leurs compétences classiques : éducation, formation, emploi, aménagement du territoire, environnement, aménagement du territoire…

Pour M. Philip, le sport n’est pas un champ clos, il concerne la quasi-totalité des politiques régionales et fait des régions des acteurs incontournables de la gouvernance du sport pour que les dynamiques de décisions ne viennent pas seulement du haut, mais également du bas.

Répondant à la préoccupation de M. Philip, Georges Planchot, membre du Bureau exécutif, a appelé à l’organisation de conférences régionales, au plus proche des acteurs territoriaux du sport : « au travers des actions menées et des outils développés, le CNOSF affirme ainsi la nécessité de s’engager dans une démarche de concertation et de collaboration avec l’ensemble des acteurs intervenant dans le champ de la professionnalisation favorisant une approche cohérente des enjeux liés à la gouvernance et au financement du sport. C’est bien dans cet esprit que s’inscrit cette première réunion de la conférence nationale du sport. Elle doit servir de cadre général pour que s’organise dans chacun de nos territoires une conférence régionale du sport qui, au plus près du terrain, rassemble les acteurs locaux ».

Jo Spiegel, secrétaire national de l’Assemblée des Communautés de France a pour sa part mis en avant la notion d’intercommunalité. Par la mutualisation, ce système de gestion apparait notamment comme une condition de survie du sport, en particulier dans le monde rural. Prônant l’équité territoriale, et la lisibilité en vue de réduire les risques, M. Spiegel a pointé des freins : le poids de la commune, méfiance mutuelle et, bien sûr, au-dessus de tout cela, les questions financières et de gouvernance. Il conviendrait pour lui de substituer au dualisme Fédérations/Etat, une vraie démarche de coproduction impliquant les collectivités territoriales, et d’adopter une réelle dimension horizontale avec une vision globale des problématiques sportives.


Denis Merville

Vice-président de l’Association des Maires de France (AMF), Denis Merville a en effet rappelé que les équipements sportifs en France étaient « à 80% propriété des collectivités territoriales », ajoutant « ce sont les communes qui font le plus pour le sport et la participation de l’Etat est en regard bien modeste » et insistant : «notre rôle est très important : nous soutenons au quotidien les associations et les clubs ».

Son message principal lors de cette première conférence nationale du sport a par ailleurs été le suivant : « les maires regrettent les contraintes normatives des règlements d’homologation pour les différents équipements, qui coutent très cher. Nous réclamons des délais raisonnables pour construire un nouvel équilibre en concertation avec le mouvement sportif. Nous ne voulons plus voir tel club de Fédérale qui redoute la montée dans la division supérieure car les moyens de faire construire un équipement font défaut ». Il plaide ainsi pour la « polyvalence des installations sportives » et conclut « au-delà de ces problèmes de norme, je préfère que l’argent public soit investi sur des petits stades, des petits équipements pour les mettre à la disposition du plus grand nombre et particulièrement des jeunes ».


Jean François

Jean François, vice-président de l’Association des Départements de France, a pour sa part mis en avant l’intervention croissante des conseils généraux dans le sport, en particulier, justement, en matière d’équipements. Désormais forces vives du sport français, les conseils généraux ne doivent pas être cantonnés aux seuls sports de nature alors que ces derniers ne représentent que 10% du financement engagé. Convenant que le sport n’est pas une priorité, mais un maillon fort de la gestion d’un territoire, M. François a exposé cinq propositions :

-Placer la préoccupation territoriale au cœur de la gouvernance, car chaque département à ses particularités
-Définir la plus-value de l’action sportive
-Prendre en compte la structure sportive dans son ensemble
-Encourager le multi-partenariat, générateur d’économies
-Donner aux financeurs une voie délibérative au sein du CNDS

Enfin, M. François a conclu sur la nécessité de ne pas retirer la compétence sportive des départements pour ne pas appauvrir et isoler le mouvement sportif, en particulier en zone rurale…

Du fait de leurs investissements massifs, Valérie Fourneyron, députée du Groupe socialiste radical et citoyen et divers gauche de l’Assemblée nationale, estime que les collectivités territoriales ne peuvent se voir cantonner à une dimension uniquement sociale et de proximité. Elles devraient au contraire être accompagnées par l’Etat et les fédérations sur les choix stratégiques. Un nouveau cadre devrait émerger et leur conférer toute leur place dans cette organisation aujourd’hui d’abord bipolaire.

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Associer le monde de l’entreprise ?


Christine Gillet

La question du financement pose évidemment la part du secteur entrepreneurial et donc de la prise en compte du monde économique dans la gouvernance du sport.

S’interrogeant notamment sur la raison pour laquelle le monde de l’entreprise n’est aujourd’hui pas plus associé à cette gouvernance, Christine Gillet, évoquant l’expérience Tarkett, a précisé qu’une entreprise associe son nom au sport pour des raisons essentielles d’image et de rayonnement, mais qu’au-delà, comme acteur social, l’entreprise tisse des liens avec de multiples communautés et contribue à l’éducation et à l’intégration.

Mme Gillet a également insisté sur le fait que la Recherche/Développement engagée au sein des entreprises participe aussi au développement du sport. Les multiples brevets déposés dans le cadre d’améliorations techniques répondent ainsi à des préoccupations de santé des acteurs sportifs et à la pratique du sport pour tous, notamment les handicapés et les personnes âgées… dans le respect de considérations de développement durable et des préoccupations de coresponsabilité.

A ces perspectives, partagées, Claudine Reynes, présidente de la Fédération Française des Industries du Sport et des Loisirs (95 entreprises, 300 marques), ajoute la dimension touristique qui ne doit pas être totalement absente des préoccupations.


Claudine Reynes

Partageant celles du CNOSF dans l’évolution de la gouvernance du sport, Mme Reynes en appelle par ailleurs à la prise en compte des collectivités territoriales, mais aussi des partenaires économiques privés, sans ingérence dans la mission régalienne des structures de gouvernance du sport. Mme Reynes avertit toutefois : « Il serait illusoire voire dangereux d’attendre [que le secteur privé] pallie à une diminution des subventions de l’Etat à des fins de service public. Chacun son rôle. Il serait déraisonnable de diminuer l’effort public en l’absence de tout palliatif ».

La présidente de la FIFAS a d’autre part souhaité approfondir la proposition du CNOSF concernant l’encouragement du mécénat sportif. En particulier, Mme Reynes souhaite que soit portée une attention toute particulière à l’exploration du potentiel des PME et au financement des initiatives locales.

Son souhait final, afin d’éviter le cloisonnement des initiatives, est d’éviter le retour à une structure pyramidale qui ne correspond plus à réalité d’aujourd’hui. En cela, la vision de Mme Reynes rejoignait celle de M. Philip en prônant le principe bottom up/top down.

Toutefois, Mme Fourneyron, qui appelle à étendre les missions des mécènes, n’en avertit pas moins sur les risques d’une dérive qui, à l’exemple britannique, pourrait voir émerger une dépendance vis-à-vis d'un ou de deux partenaires, élément qui immisce une fragilité forte, l’actualité le démontrant.

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Une gouvernance pour quel sens ?


André Leclercq

André Leclercq, membre du bureau exécutif du CNOSF, a appelé à l’engagement vers un « contrat social » pour un sport humaniste, source de progrès social et économique. Pour lui, la question de la gouvernance fait émerger trois défis.

Le premier est éducatif : « En tant qu’outil de diffusion de la culture, le sport a été jusqu’ici peu utilisé et pourtant il a l’avantage d’impliquer l’éducation dans toutes ses dimensions et en ses différents lieux. Le temps n’est-il pas venu de décider ensemble d’utiliser l’activité sportive comme média de culture générale et l’Olympisme comme vecteur d’éducation ? » a ainsi interrogé André Leclercq.

Le deuxième est social : « Les pratiques sportives couvrent désormais un spectre très large (…) mais, malgré la diversification des pratiques et des publics, il subsiste un déficit social dans la participation. Si les femmes ont contribué à maintenir le niveau de performances françaises dans le monde il n’en va pas de même pour leur accès à la pratique du sport, et encore moins pour leur accès aux responsabilités (…) Le principe d’égalité des chances, fondateur de la rencontre sportive, doit s’appliquer pleinement aussi à ceux qui sont en difficulté. Le sport est une activité qui favorise la mixité sociale ».

Ainsi, évoquant le handicap physique ou mental, André Leclercq affirme « Il n’est pas juste que la difficulté sociale entraine une discrimination sportive (…) Le temps n’est-il pas venu pour que ces acteurs de la société, ici présents, se mettent en synergie au bénéfice d’un « sport équitable » qui surmonte les inégalités afin de permettre à chacun d’accéder à l’égalité des chances ? ».

Le troisième est sociétal : « le sport au sens strict, avec ses systèmes de compétition hiérarchisés, génère un sport au sens large (…) Des innovations déboucheront sur un nouveau sport fédéré tandis que d’autres ne rentreront pas dans le système compétitif classique.».

André Leclercq a finalement insisté sur la notion de rencontre, fondement d’un sport qui, au-delà de l’émotion et de la passion apparait comme un support de sociabilité, un lieu de citoyenneté, fondement au « mieux vivre ensemble ».

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De la France à l’Europe


Guy Drut

Membre du CIO, Guy Drut, a estimé que cette conférence constituait un héritage et annonçait d’autres rendez-vous similaires. Dans la logique pyramidale qui prévaut, la répartition des rôles et des prérogatives est reconnue et établie. L’essentiel de la problématique réside dans l’évolution du sport et des relations entre le mouvement sportif avec les partenaires publics et privés. En ce sens, Guy Drut a internationalisé le débat, en renvoyant à l’obligation d’envisager la gouvernance du sport sous le prisme européen, y compris dans une vision extracommunautaire puisque l’Europe du sport compte 49 pays.

Il ne s’agit cependant pas de lutter contre les instances européennes, mais d’envisager avec elle l’autonomie des instances sportives. Rappelant l’insertion du sport dans le Traité de Lisbonne rejeté par l’Irlande en juin dernier, Guy Drut a insisté sur l’importance de reconduire cette avancée à l’avenir. Pour lui, « ce qui peut être fait par le sport doit être fait par le sport, ce qui est valable en Europe doit être valable en France ».

Cette dimension européenne est partagée par Mme Buffet qui a demandé d’agir en faveur d’une véritable organisation européenne du sport. La députée communiste a d’ailleurs posé la question de la singularité du modèle sportif français à l’échelle européenne, posant la question de savoir si ce modèle était à défendre ou à changer. Dans tous les cas, ainsi que l’a évoqué M. Blanchard-Dignac, la dimension européenne et internationale est désormais incontournable : « nous ne pouvons plus raisonner comme si les frontières étaient fermées. Violence, dopage, agents sportifs, contrôle de gestion des clubs professionnels nécessitent une coopération européenne efficace ».

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Henri Sérandour : « vers un nouveau partage des responsabilités »

En conclusion de cette journée, le président Henri Sérandour s’est félicité de la « grande richesse des interventions », estimant qu’« il était important que tous les acteurs aient la parole ». A propos de l’ensemble des participants à cette conférence, il a noté « ce que j'ai retenu, c’est que l’on en revient toujours aux quatre piliers que sont le mouvement sportif, l’Etat, les collectivités et le monde économique ».

Si ces piliers assurent la pérennité du sport français, il a aussi noté « notre avantage, c’est que nous avons un socle : le mouvement associatif ». Autour des mots clés « unité, mutualisation, solidarité, respect, vivre ensemble », Henri Sérandour a précisé « nous devons mutualiser pour mieux utiliser les moyens, nous devons être solidaires pour mieux partager les ressources. Nous avons aussi la chance d’avoir avec nous des décideurs économiques sans l’apport desquels il n’y aurait pas de sport ».

Le sport français doit donc se diriger « vers un nouveau partage des responsabilités, une meilleure répartition des moyens, une coopération indispensable pour que la pratique, animée au quotidien par le mouvement sportif, soit accessible au plus grand nombre ». Pour ce faire, « il faut mettre en place des groupes de travail », afin ce cette conférence ne soit qu’un commencement. Une gouvernance partagée se dessine donc, qui, des subventions aux limitations de mandats, devra passer par le corolaire incontournable de l’échange, à l’exemple de cette Première Conférence Nationale du Sport.

Henri Sérandour est enfin revenu sur le récent feu vert donné par le CNOSF à une candidature aux Jeux olympiques d’hiver 2018 : mutualisation, partenariat, liens renforcés, retour sur investissement… une multitude de paramètres économiques, politiques, sociaux interviennent qui rendent cette nouvelle gouvernance incontournable pour un optimisation des chances françaises. Cette aspiration pour 2018 « conforte notre démarche pour le développement durable et l’aménagement du territoire. Et même si nous échouons, il en restera quelque chose pour tout le sport français. Chaque action doit être un plus pour le développement.

Organiser des grandes manifestations internationales avec une gouvernance partagée est à ce titre indispensable. « Nous devons avancer les uns avec les autres, et pas les uns à côté des autres ».

En conclusion, Henri Sérandour, qui se rendait le soir même à Istanbul pour participer à une réunion des comités olympiques européens, a expliqué : « je dirai à mes collègues du continent : mes amis, voyez, chez nous, la gouvernance partagée, c’est quelque chose qui fonctionne ! ».

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téléchargements des interventions, album photo et vidéos

discours d'ouverture du président SérandourLe sport, moteur de l'économie par Denis MasségliaLe sport, élément structurant des territoires, par Georges PlanchotLe sport, une culture à part entière par André LeclercqLe sport, l'expression d'une solidarité par Jean-Michel BrunIntervention de Guy Drut, membre du CIOIntervention de Marie-Christine Gillet, présidente de Tarkett EuropeIntervention de Claudine Reynes, présidente de la Fédération Française des Industries du Sport et des Loisirs (FIFAS)Intervention de Jean François, Vice-président du Conseil Général de la Moselle chargé des sports, représentant de l'Association des Départements de France (ADF) Intervention de Marie-George Buffet, députée, ancienne ministre des sportsIntervention de Valerie Fourneyron, députéeIntevention de Denis Merville, membre du bureau de l'Association des Maires de France (AMF)Intervention de Jo Spiegel, secrétaire national de l'Association des Communautés de France (AdCF)"Diaporama de l'intervention de Christophe Blanchard-Dignac, président de la Française des Jeux

Album photos

Henri Sérandour

Henri Sérandour

Les différentes interventions en vidéo

1ère séquence
Henri Sérandour (introduction) Hugues Moutouh Christophe Blanchard-DignacAndré LeclercqThierry PhilipMarie-George Buffet

2ème séquence
Denis MasségliaClaudine ReynesJean FrançoisValérie FourneyronAlain Gest

3ème séquence
Jean-Michel BrunDenis MervilleChristine GilletJo SpiegelGeorges PlanchotGuy DrutHenri Sérandour (conclusion)

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Zoom

Première Conférence Nationale du Sport

La tenue de la 1ère Conférence Nationale du Sport à la maison du sport français, à suivre en direct, répond à la nécessité d’échanges approfondis entre les principaux acteurs que sont le mouvement sportif, l’Etat, les collectivités territoriales et les entreprises.

En savoir plus

 

 

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