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Jean-Philippe Vulliet : « Nos filles ont du talent! »

 

Jean-Philippe Vulliet a-t-il enfin trouvé cet « esprit winner », qu’il recherchait depuis longtemps au sein de l’équipe tricolore de ski alpin féminine dont il a la charge, avec la victoire de Tessa Worley en géant à Aspen le 29 novembre ? Le cap qui devrait permettre aux françaises de briller collectivement sur le circuit Coupe du Monde est-il désormais franchi ?
« Pilou » pour les intimes, est redevenu directeur de l’équipe de France dames en 2006, après un passage auprès de l’équipe Suisse. Il avait auparavant connu durant de nombreuses années les joies et les drames de plusieurs générations de championnes françaises. Entretien.

« Après 2002, j’ai arrêté pour différentes raisons, après des années difficiles, mais où cela avait également bien marché » raconte Jean-Philippe Vulliet. « J’avais besoin de couper, au bout de 12 années passées avec les françaises, de revenir un peu à l’entraînement. Mon passage comme entraîneur des descendeuses suisses fut très intéressant. Je défends toujours cette idée d’aller tenter une expérience à l’étranger. Il faut s’exporter. C’est formateur. Je n’ai pas hésité une seconde à faire mes valises. C’est un pays alpin où le ski est le sport N°1. Cela m’a permis de faire ce que j’aimais. Cela m’a fait beaucoup de bien. La première année fut difficile et la 2e… excellente. Il y avait des petites nuances issues d’une culture différente, j’ai essayé de m’y faire. Ce fut passionnant ».


Jean-Philippe Vulliet à Whistler, site des épreuves de ski des Jeux de Vancouver 2010

« Pilou » est ensuite rappelé auprès de l’équipe de France. Il retrouve après les Jeux Olympiques de Turin 2006, les fonctions abandonnées quatre ans plus tôt . Où en est-il aujourd’hui, alors que les championnats du monde à Val d’ Isère se profilent ? « En France, nous avons des filles de qualité, mais nous avons vécu une réelle perte de confiance. Il y a eu un gros « turnover » (des départs, des arrivées, le passage d’une génération à une autre) et nous essayons de rassembler nos forces. Il n’y a pas 1.000 schémas possibles. Il faut faire en sorte que cela fonctionne bien avec le peu de marge que nous avons. Nous avons su remplir quelques objectifs à court terme la première année, quelques podiums. Il fallait remettre la machine en marche ».

Coup de tonnerre à Aspen!


Tessa Worley en action le 29/11 à Aspen

Jean-Philippe Vuillet notant la qualité d’une jeune génération « à ne pas laisser passer », on était encore en train de s’interroger sur l’absence d’une locomotive, capable d’entraîner toute l’équipe dans son sillage après trois saisons sans victoire (la dernière remontant au 7 janvier 2005 avec Ingrid Jacquemod dans la descente de Santa Caterina), lorsqu’un coup de tonnerre a retenti du côté d’Aspen (Colorado) le samedi 29 novembre. La skieuse d’Annemasse Tessa Worley, âgée de 19 ans, signant le premier succès en géant de Coupe du Monde depuis la regrettée Régine Cavagnoud à Copper Moutain le 19 novembre 1999 !

Reste encore un cap à passer, « le plus difficile : être en position de jouer les podiums, et surtout, de réussir à rester dans le top 10, à chaque course, dans chaque discipline » explique Jean-Philippe Vulliet, « rater sa course mais se classer dans les 10 ! On n’en est pas encore là. Notre groupe est constitué d’un mélange, avec une jeune génération qu’il ne faut pas laisser passer. Il faut qu’elles s’installent ! »

« Nos filles ont du talent » poursuit-il, « la locomotive existe parmi nous, il faut juste qu’elle se révèle. Du côté de l’encadrement, nous devons réussir à faire fonctionner ce levier. Il faudrait qu’une fille casse la baraque sur deux ou trois courses, et ça serait parti ! ». La franco-australienne Tessa Worley sera-t-elle celle là ?


Un image que l'on espère revoir souvent cette saison!

Peut-être que ces « certitudes » qui manquaient au groupe sont désormais présentes. Aucune raisons de ne pas espérer que les résultats vont continuer à progresser cet hiver. «La gestion d’un groupe, c’est facile. Un leader, et le reste suivra ! Si jamais nous n’arrivons pas à trouver l’alchimie, cela deviendra un travail pénible »

Rendez-vous donc en février 2009 à Val d’Isère, pour des Mondiaux « à domicile » où il faudra répondre présent. « Au niveau du travail et du rendement, nous avançons à visage découvert. Nous valons mieux, mais nous de l’avons pas encore prouvé collectivement. Il y a là de quoi se monter réactifs » !

 

 

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