Lionel Horter joue collectif

Un nouveau poste à la tête du haut niveau français, celui de « coordinateur des collectifs olympiques et mondiaux », a été crée à la Fédération Française de Natation. Il a été confié par le président Francis Luyce et le nouveau DTN Christian Donzé à Lionel Horter. Entraîneur national depuis de nombreuses années au Mulhouse Olympic Natation (MON), où il guida la carrière de Roxana Maracineanu, première championne du monde française (200m dos, 1998), accompagna Laure Manaudou dans sa préparation pour les Jeux de Pékin, et s’occupe encore aujourd’hui d’Amaury Leveaux et de Sébastien Rouault, Lionel Horter explique les contours de sa nouvelle fonction.
«Le DTN et le président m’ont proposé un poste dont la définition englobait toutes les équipes de France : A, A’, juniors, Coupe Comen… j’ai souhaité limiter mes fonctions uniquement au Haut Niveau international. Je serai le coordinateur d’un collège d’entraîneurs qui a déjà montré toute sa compétence. Je dois mettre en place cette équipe, m’appuyer sur elle. Je suis positionné au sein de l’équipe de France depuis 1997, j’ai participé à toutes les compétitions mondiales et olympiques. C’est une suite logique».

Christian Donzé, Francis Luyce et Lionel Horter
Pour définir les contours de ce collège, Lionel Horter explique : «Ce sera un travail collectif avec des entraîneurs de nageurs qui ont des performances mondiales et olympiques. Ce collège est appelé à bouger, à évoluer, en fonction des résultats. C'est une vraie évolution et une vraie nouveauté. Ca n'était pas dans le mode de fonctionnement des années précédentes»
Ce collectif est aujourd’hui composé de Christophe Auguin, entraîneur d’Alain Bernard à Antibes, Christos Paparrodopoulos, entraîneur de Hugues Duboscq au Havre, Romain Barnier, manager général du cercle des nageurs de Marseille, Fabrice Pellerin entraîneur de Camille Muffat à Nice, Richard Martinez, responsable du pole France de Font Romeu, et Frédéric Barale entraîneur au pôle France de Toulouse.
Objectif Rome 2009

«Notre première réunion de travail a eu lieu le 16 mars. Nous en avons préparé le contenu avec le DTN. Nous devons mettre en place un programme à court terme en échangeant, en proposant, en orientant. Chaque entraîneur est autonome et responsable des contenus de ses entraînements, cette diversité est très importante, il n’y a rien à uniformiser dans ce domaine. Nous devons réfléchir à tout ce qu’il y a autour, observer ce qui se passe ailleurs, rechercher une organisation optimale pour l’équipe de France. Installer une règle de fonctionnement, poursuivre dans la voie de la professionnalisation, capitaliser sur nos succès, tirer tout le monde vers le haut ».
Lionel Horter s'est également consacré à «beaucoup de travail administratif» aux côté de Christian Donzé, préparant toutes les informations qu’il comptait communiquer à ses collègues et définissant ses objectifs immédiats. « Mise en place de la logistique, programmation des stages nationaux et de leur durée, l’objectif principal étant les Mondiaux de Rome en juillet, réfléchir aux modalités de sélection jusqu’aux Jeux de 2012»…

Lorsqu’on lui fait remarquer un possible conflit d’intérêts entre son nouveau poste et celui d’entraîneur de nageurs de premier plan comme Amaury Leveaux et Sébastien Rouault, Lionel Horter note : «Ce conflit n’existe pas en ce qui concerne les modalités de sélection. Nous n’avons qu’un seul juge de paix : c’est le chronomètre. Le seul problème pourrait porter sur la composition des relais, mais les décisions seront prises de façon collective, tant il est important dans ce domaine de tenir compte du ressenti de chacun. Pour ma part, c’est une façon de rester en contact avec le terrain et c’est dans l’intérêt de l’équipe de France»
En ce qui concerne la politique drastique des minima chronométriques à réaliser pour accéder aux grandes compétitions internationales, mise en place par Claude Fauquet au début des années 2000, Lionel Horter affirme : «nous ne reviendrons pas dessus. Ne pas changer ce cap élevé qui a été fixé, c’est la réalité du haut niveau».

Quant à s’ouvrir vers l’extérieur, s’enrichir des expériences menées dans les autres pays de natation, l’entraîneur mulhousien détaille : «Nous allons mettre en place une équipe de veille internationale qui sera pilotée par notre collège d’entraîneurs. Nous devons définir nous-mêmes les axes d’observation, les paramètres fins qu’ils appliqueront afin de répondre à nos demandes».
Enfin, un groupe d’entraîneurs de très haut niveau ne risque-t-il pas de vivre des tensions compte tenu des intêrets particuliers de chacun ? «Les entraineurs qui forment ce collège font passer l’équipe de France avant tout le reste. Il n’y a aucun doute là-dessus».










