Décès d'Henri Sérandour : le sport français en deuil
Emotion à Dinard et à Paris
Les obsèques d’Henri Sérandour, décédé le 12 novembre, ont eu lieu dans sa ville de Dinard mercredi 18 novembre, en l’église Notre-Dame, et devant plus de 800 personnes. Aux côtés de sa famille et de ses cinq petits-enfants, tout le mouvement sportif français, dirigeants et athlètes, personnalités politiques, élus locaux, nombreux amis, salariés du CNOSF et leur président Denis Masseglia étaient présent pour lui rendre un dernier hommage.
Son cercueil, recouvert du drapeau olympique, est entré dans l’église porté par six médaillés d’or aux Jeux : Jean-Claude Killy, Philippe Riboud, David Douillet, Tony Estanguet, Guy Drut, Jean-François Lamour. Etaient également présents les anciens ministres des sports Alain Calmat et Edwige Avice, ainsi que l’actuelle secrétaire d’Etat, Rama Yade.
Jean-Paul Clémençon, qui fut le directeur de cabinet d’Henri Sérandour lors de ses deux derniers mandats, a pris la parole : « Malgré l’immense émotion et la profonde tristesse qui nous laissent tous sans voix, tes proches, ton cercle de cœur et de sang, les membres de la famille olympique et sportive, tes très nombreux amis, souhaitent te saluer et te remercier.
Saluer ton engagement à promouvoir un formidable art de vivre ensemble sur lequel tu as fondé toutes tes actions. Te remercier pour ta générosité, ton sens profond de la solidarité et ton amitié fidèle, lesquels allaient bien au déjà des frontières, dans le monde de la natation et de l’olympisme, cet idéal auquel tu croyais tant, avec tes amis du Comité International Olympique, de la Fédération Internationale de Natation Amateur, et de la Ligue Européenne de Natation. A toutes les étapes de ta vie, dans toutes tes fonctions, tu as su donner du sens et faire vivre les valeurs d’un humanisme sincère. Ta considération et ton respect des personnes rendait ton contact simple, direct, évident, vrai, naturel. Ta porte restait toujours ouverte pour tes proches, bien sûr, comme pour tous les membres de ta famille sportive, athlètes, officiels, dirigeants… Pour chacun tu avais une attention particulière (...) », avant de conclure : « Tu as eu jusqu’à la fin cette élégance de rester ouvert, disponible, heureux de recevoir les amis. Tu nous as légué, Monsieur le Président, cher ami, très cher Henri, de biens beaux messages et de merveilleux souvenirs qui vont éclairer nos cœurs et nos mémoires pour longtemps encore ».
Les cinq petits enfants se sont ensuite succédé pour honorer sa mémoire de quelques paroles émouvantes.
La cérémonie religieuse a été présidée par l’évêque auxiliaire de Rennes, Mgr Souchu et l’homélie a été prononcée par le diacre Jean-Baptiste Gailly. Henri Sérandour a été enterré au cimetière de Dinard dans l’intimité familiale.
Hommage au CNOSF
Jeudi 19 novembre, un émouvant hommage a été rendu à Henri Sérandour, en présence de la ministre de la Santé et des Sports, Roselyne Bachelot, de sa famille et de tous ses amis.
Denis Masseglia, son successeur, a ouvert la soirée en disant : « Nous sommes nombreux à vouloir marquer notre respect a celui qui se voulait un militant de base. Militant, il l'est resté toute sa vie, mais son destin l'a rattrapé. On n'est pas président d"une fédération, du CNOSF, membre du CIO sans marquer les coeurs et les esprits. Il avait le sens de la confiance, il était respecté de tous et n'avait pas d'ennemis. Il aimait le sport et les sportifs. Il a toujours sur maintenir le cap. Son message restera».
Isabelle Sévérino, présidente de la Commission des athlètes de haut-niveau du CNOSF, Hanane Baala responsable des sports olympiques chez adidas, André Auberger, qui fut le trésorier général du CNOSF durant les seize années de présidence d'Henri Sérandour, Ivan Curkovic, le légendaire gardien de but des "Verts" de Saint-Etienne, Pierre Fulla de France Télévision, le général Jacques Renaud, commissaire aux sports militaires, Jean Vuillermoz, maire adjoint de Paris chargé des sports, Edwige Avice, Alain Calmat et Marie-George Buffet, anciens ministres des Sports, Roselyne Bachelot, et Jean-Paul Clémençon se sont tous adressés à la nombreuse assistance de l'auditorium Nelson Paillou, pour dire avec des mots forts tout le respect et l'amitié qu'ils éprouvaient pour ce grand bâtisseur du sport français.
« Nous aurons à coeur de faire progresser et fructitifier ton héritage. Tu nous manqueras. Nous te devons tant, et que ton exigence soit pour nous un modèle » a résumé Roselyne Bachelot.
Henri Sérandour, dirigeant, militant, humaniste

Le 18 mai 2009, la main sur le coeur, Henri sérandour s'était montré touché de l'hommage rendu par le mouvement sportif français.
Jeudi 12 novembre 2009, près de six mois après avoir quitté la présidence du Comité National Olympique et Sportif Français, Henri Sérandour s'est éteint, à Dinard, dans la Bretagne de son coeur.
Né au Mans (Sarthe) le 15 avril 1937, Henri Sérandour avait grandi à Rennes où il avait découvert le sport, en particulier la natation, le handball et le waterpolo. Enseignant d'éducation physique au lycée Saint-Vincent de Rennes (1961), puis conseiller technique de natation pour l'Académie de Rennes (1966), il était devenu directeur des Sports et de l'animation de la ville de Dinard en 1967.
Paralèllement engagé au sein du mouvement associatif, il s'était engagé, d'abord au sein de son premier club, le Cercle Paul Bert de Rennes, puis avec les Cadets de Bretagne et l'ASPTT de Rennes. Après s'être investi dans le handball avec l'Amicale laîque de Dinard, Henri Sérandour avait créé en 1968 le Dinard Olympique Natation.
Ayant intégré le Comité de natation de Bretagne, Henri Sérandour avait par la suite été élu vice-président de la Fédération Française de natation (1974-1981), puis président de 1981 à 1993. Son engagement en faveur de la natation l'avait fait remarquer au niveau international. Vice-président de la ligue européenne de natation de 1984 à 1992, il avait intégré le bureau de la Fédération Internationale de natation Amateur en 1992 (1992-1996).
Quatre mandats à la présidence du CNOSF
Son parcours de dirigeant associatif l'avait conduit à la reconnaissance de ses pairs qui l'élisaient, en 1993, président du Comité National Olympique et Sportif Français. dont il était déjà vice-président depuis 1985. Il effectua quatre mandats (1993-1997, 1997-2001, 2001-2005, 2005-2009) à la tête du mouvement sportif français. En 2000, Henri Sérandour devint membre du Comité International Olympique. Il le resta jusqu'en 2007, la limite d'âge le contraignant à quitter ce mandat.

Henri Sérandour laisse à tous le souvenir d'un dirigeant militant, humaniste. Il a tenu et développé la maison France, malgré les difficultés nombreuses, pendant ses 16 ans de présidence, et ses épreuves personnelles. Il a conservé l'héritage et l'a fait fructifiier grâce à ses grandes qualités humaines : sa générosité, ses relations franches et directes, en véritable fédérateur qui sut réunir les hommes et les composantes très diverses de notre Comité.
Henri Sérandour a adapté le Comité National Olympique et Sportif Français aux évolutions en plaçant le sport dans tous les débats de notre époque : la formation et l'emploi, le développement durable, la préservation de la santé, l'Europe et les territoires et, au cours de son dernier mandat, la gouvernance, en installant la première conférence nationale du sport.
Sous sa présidence, la France a obtenu aux Jeux Olympiques une permanence de résultats exceptionnels : Atlanta 1996, Sydney 2000, Salt Lake City 2002 ou encore Pékin 2008 avec un record de 40 médailles.
Il a laissé un outil, des moyens importants pour agir, une situation sereine. Grâce à son action, le CNOSF a été appelé à remplir un rôle plus important, pour atteindre de nouvelles ambitions.
« Il était d'abord un militant et un bâtisseur. Mais il était surtout un fédérateur » a rappelé Denis Masseglia, son successeur, à qui Henri Sérandour avait symboliquement remis les clés du CNOSF le mardi 19 mai 2009, « Il donnait confiance et faisait confiance ».
Réactions à la disparition d'Henri Sérandour
Gouvernement

Le héros de Pékin fêtés à l'Elysée le 26 août 2008
Nicolas Sarkozy, Président de la République
« Le Président de la République a appris avec beaucoup de tristesse la mort d'Henri Sérandour. Après avoir été international de water polo, Henri Sérandour fut président de la fédération française de natation pour devenir ensuite président du comité national olympique pendant 16 ans de 1993 à 2009. Henri Sérandour était à la fois un homme aux grandes qualités humaines et un grand rassembleur du sport français. A sa famille et à la grande famille du sport français endeuillée, le Président de la République adresse ses sincères condoléances. »
François Fillon, Premier Ministre
« Henri Sérandour a incarné le sport français avec élégance et humanité. Ambassadeur des valeurs olympiques, il n'a eu de cesse de les défendre et de les promouvoir auprès du plus grand nombre. Tous les sportifs français savent qu'ils avaient avec lui un président du CNOSF attentif et soucieux de les soutenir et de les valoriser. »
Roselyne Bachelot et Rama Yade
« Roselyne Bachelot-Narquin, ministre de la Santé et des Sports et Rama Yade, Secrétaire d'Etat chargée des sports, ont appris aujourd'hui avec beaucoup de tristesse et d'émotion le décès d'Henri Sérandour. Elles assurent la famille, les proches d'Henri Sérandour de toute leur sympathie dans ces circonstances douloureuses. Elles souhaitent saluer la mémoire d'un grand serviteur du sport qui a consacré sa vie au mouvement sportif et à la défense de ses intérêts. C'est aujourd'hui, un homme de conviction et un porteur de valeurs humanistes qui disparaît. Elles saluent l'homme et l'ami du sport ».
Personnalités politiques

A Charléty avec Bertand Delanoë
Bertrand Delanoë, maire de Paris
« Je garde d'Henri Sérandour l'image d'un homme très chaleureux, passionné, serviteur inlassable des valeurs du sport dont le lien étroit avec les fédérations, les associations et les clubs sportifs de notre pays ne s'était jamais démenti. »
Jean-Paul Huchon, président du Conseil régional d'Ile-de-France
« Henri Sérandour a été un grand défenseur, à mes côtés et à ceux de Bertrand Delanoë, de la candidature de Paris et de l'Ile-de-France à l'organisation des JO de 2012. C'était un homme chaleureux, humaniste, avec un grand talent de rassembleur, un esprit visionnaire et beaucoup d'humour ».
Jean-François Lamour, ancien ministre des sports, député de Paris
« Il aura marqué l’olympisme français. Quand il était chef de mission aux JO de Barcelone, il a été constamment aux cotés des sportifs. Il avait au fond de lui les vraies valeurs de l’olympisme. C’est un homme qui toujours cherché le consensus, il n’aimait pas le conflit. Il aimait toujours trouver une solution médiane. Il a beaucoup, beaucoup marqué le sport français comme son prédécesseur Nelson Paillou. »
Mouvement sportif

Avec jacques Rogge en 1994
Jacques Rogge, Président du CIO
« C’était un homme admirable qui connaissait merveilleusement le sport. On ne dirige pas un comité national olympique pendant seize ans sans avoir une connaissance profonde de la jeunesse, sportive de son pays. J’ai connu Henri bien avant qu’il soit président du CNOSF alors que j’étais président du comité olympique belge, et nous avons toujours eu des relations cordiales et efficaces. Entré au CIO aux Jeux de Sydney, je n’ai eu qu’à me féliciter des services qu’il a rendus à l’olympisme à travers sa participation à la commission culturelle du CIO mais aussi dans sa présence de tous les instants lorsque nous traversions des moments difficiles. C’est une grande perte pour l’olympisme ».
Denis Masseglia, président du CNOSF
«Je suis son successeur mais je perds avant tout un ami de seize ans, avec lequel j'ai travaillé comme vice-président ou secrétaire général. Tout ce temps crée des liens indéfectibles. Je pense d'abord qu'il n'aura pas pu profiter de sa retraite. Il devait être candidat au Conseil des jeux Méditerranéens mais il a renoncé deux jours avant car il ne se sentait plus capable physiquement. Il était prêt à intégrer la Fondation du sport français. Nous en avions parlé la dernière fois que je l'ai vu il y a quinze jours. Il n'était déjà pas bien. On sentait qu'il avait envie de réaliser des choses, mais il n'en avait plus la force. Sa disparition est brutale. C’était quelqu’un de respecté, aimé, c’était un rassembleur. Il n’avait pas d’ennemi. On lui rendra hommage à Paris. »
Bernard Lapasset, président de l'IRB
« C’est un homme qui était tellement proche des sportifs. Il était très ouvert aux préoccupations de chacun. Mais il était aussi très généreux dans sa façon d’exprimer sa passion pour le sport. C’était quelqu’un de fabuleux. J’ai perdu un ami. Il m’a construit dans ma référence au mouvement olympique. Je suis très peiné par sa disparition. Il a été de tous les combats qu’on a pu conduire en rugby, comme quand on est passé professionnel en 1995. Il était capable d’exprimer sa passion en confiant des responsabilités aux autres. Il avait le souci d’associer les autres à sa démarche. C’était un homme du sport qui va manquer. »
Philippe Bana, président de l'Association des DTN
« LʼAssociation des Directeurs Techniques Nationaux du sport français pleure le décès dʼHenri Sérandour, longtemps président du Comité National Olympique
du Sport Français. Par son charisme, ses valeurs humaines fortes, sa capacité dʼécoute et dʼouverture, il a été un repère pour lʼencadrement du sport français qui lʼa toujours aimé. Toujours soucieux de rassembler les femmes et les hommes du sport, il a su, à la Fédération Française de Natation puis au Comité Olympique, recueillir la sympathie et le respect de tous. Toutes nos condoléances vont à sa famille. Aucun dʼentre nous ne lʼoubliera ».

Le 19 mai 2009, Henri Sérandour remet les clés du CNOSF à Denis Masseglia
Francis Luyce, président de la Fédération Française de Natation
«Je suis complètement dépité. Le 27 septembre, je l'avais à côté de moi lors d'un conseil d'administration. On avait blagué, il semblait en pleine forme. Lui et moi, c'était comme les deux doigts de la main. On avait des parcours souvent parallèles. On était issu tous les deux de la base de la natation, on a eu tous les deux des carrières administratives. Pendant 16 ans, je l'ai accompagné quand il était président de la Fédération (française de natation). En 1993, quand il a pris la présidence du CNOSF, j'ai succédé à Monsieur Henri Sérandour. Nous avons connu des moments extras, de joies partagées. Il y a eu aussi nos deux épouses formidables, toutes deux parties prématurément. La dernière grande manifestation à laquelle j'ai participé à ses côtés, c'était le baptême à son nom du bassin de Canet-en-Rousillon en juin. Ca a été un grand moment de joie pour lui. C'était un homme très humaniste. C'était un grand homme, un homme fidèle, fidèle à ses amis. Il s'est toujours battu. C'est une grande perte pour le sport français et pour la Fédération française de natation (dont il était président honoraire). C'est un grand vide. Il a permis à notre fédération de devenir une grande fédération. On peut le remercier chaleureusement pour tout ce qu'il a fait.»
François Alaphilippe, ancien président de la Fédération de cyclisme, et ancien secrétaire général du CNOSF (1993-2001)
« Il avait su se faire apprécier et aimer. Henri Sérandour avait de très grandes qualités d'intuition. Il connaissait ses limites et savait très bien les utiliser en disant franchement les choses. C'était un homme plein de raison. Ses qualités humaines et sa sensibilité l'ont parfois engagé dans des voies peut-être difficiles, mais c'est quelqu'un dont le mouvement sportif peut être fier ».
Frédéric Thiriez, président de la Ligue Nationale de Football
« Henri Sérandour fait partie de ces grands dirigeants qui laisseront leur empreinte dans l'histoire du sport français. Homme généreux et passionné, il a consacré sa vie au mouvement sportif et à ses millions de licenciés. Je n'oublierai jamais Henri qui a tellement donné au sport français sans toujours recevoir ce qu'il aurait mérité. »

Le 29 avril 2008, entouré de quatre porte-drapeaux : Christine Caron, Jackson Richardson, David Douillet, Tony Estanguet
Jean Gachassin, président de la Fédération Française de Tennis
« C’était un grand monsieur. Un grand ambassadeur du sport français. Il a été président de la Fédération française de natation. C’était une personne magnifique qui a vécu sa vie entière pour le sport. Il défendait l’amateurisme. C’est pour ça qu’il sera regretté des petites aux grandes fédérations Sa disparition est terrible. C’est un coup terrible pour le sport français. On le savait malade. C’est la vie. Les bons partent trop tôt. »
Christine Caron (médaillée olympique en natation)
« Je suis extrêmement triste. C’était un ami. On avait passé de superbes moments à Pékin. C’était quelqu’un que je connaissais depuis 30, 40 ans. Ca me fait énormément de peine et ça risque d’en faire à énormément de gens parce qu’il était proche des gens. C’était un vrai pote de sport avec qui on faisait des bonnes bouffes, on buvait un petit coup de temps en temps. Il s’est fait tout seul. En partant de rien. La défaite de la candidature de paris aux JO 2012 l’avait marqué, parce qu’il avait beaucoup travaillé. Il y croyait énormément. C’est quelque chose qui l’avait beaucoup touché. Il le regrettait pour la France. »
L'hommage du mouvement sportif à Henri Sérandour le 18 mai 2009
Un émouvant hommage avait été rendu à Henri Sérandour, lundi 18 mai, veille de l’Assemblée générale du CNOSF qui avait désigné Denis Masseglia pour lui succéder à la présidence.
L’auditorium de la Maison du sport français avec ses 350 places s'était avéré trop petit pour accueillir toutes les personnalités venues témoigner leur reconnaissance à celui qui était resté 16 années, 4 mandats successifs, à la tête de l’institution née sous sa forme actuelle en 1972, sous la présidence de Claude Collard. Nelson Paillou avait succédé à ce dernier avant de passer le relais à Henri Sérandour, lequel avait tenu à plusieurs reprises au cours de cette soirée, à saluer leur mémoire, insistant sur le fait qu’il n’aurait rien été sans eux. Et sans tous ses amis et collaborateurs.
Retour sur cette soirée et sur les messages d'amitié qui y avaient été formulé.
La soirée avait débuté par un message vidéo de Jacques Rogge, président du CIO : «J’aurais voulu être avec vous ce 18 mai pour participer à cet hommage. En vous, je salue le grand serviteur du sport. Après avoir brillé dans les bassins nationaux et internationaux, vous continuez dans l’administration sportive de haut niveau. Ces 20 dernières années, vous avez su mettre vos convictions bien ancrées au service de votre pays et du mouvement olympique, que ce soit comme président de la Fédération Française de Natation, vice-président de la ligue européenne, membre du bureau de la fédération internationale ou encore, comme membre du comité exécutif du comité international des Jeux Méditerranéens. Aujourd’hui, après 16 années à la présidence du CNOSF, vous quittez votre fonction en laissant un bilan brillant du sport français et son rayonnement au-delà des frontières. Sous votre mandat, le CNOSF est devenu un partenaire efficace et respecté, non seulement pour le CIO, mais également pour toutes les autres composantes de notre mouvement».

Henri Sérandour, lors de sa dernière soirée comme président du CNOSF.
Elle s'était poursuivie par un film retraçant le parcours du président Sérandour. Quatre Olympiades. Les plus grands moments du sport français. «Si j’avais été candidat à ma succession, ça aurait été un bon film de campagne » avait-t-il alors commenté. « Cela fait plaisir de voir une telle rétrospective, avec les bons et les mauvais moments, avec des relations exceptionnelles avec des gens formidables. J’ai eu beaucoup de chance, je suis entré dans le sport à 10 ans en signant ma première licence, et je suis encore là aujourd’hui, à 72 ans. Toute une vie avec vous. Rien que du bonheur». Toute l’assistance s’était alors lancée dans une longue ovation. «Elle signifie sans doute que tous les gens qui ont travaillé avec moi depuis des décennies la méritent tout autant. Dans la vie, tout seul, on n’est rien. Mais avec les copains…»
Les témoignages s'étaient ensuite succédés. Florilège :

Christine Caron, souvenirs de natation
Christine Caron (médaillée d’argent de natation aux JO de Tokyo 1964) : « Je m’étais éloignée de la natation, puis je suis revenue et je remercie Henri. Je suis allée aux Jeux de Pékin grâce à toi, et je ne m’y étais plus rendue depuis ceux de Mexico en 1968, où j’étais porte-drapeau ! »
Michel Jazy (médaillé d’argent en athlétisme aux JO de Rome 1960) : « Je te remercie pour toute ton activité en faveur du sport. Entre notre jeunesse, militaires au Bataillon de Joinville, et aujourd’hui où tu es devenu un grand dirigeant, tu n’as pas changé. Tu as gardé tous tes amis malgré le fait que tu as connu la haute société du sport mondial. Bravo ! »
Daniel Costantini (entraineur de l’équipe de France de handball médaillée d’argent à Barcelone en 1992, puis championne du monde) : « Pour ma part, je n’ai jamais été capable de t’offrir l’or olympique, mais Claude Onesta l’a fait, il a donc sauvé l’honneur du hand français.

Daniel Costantini, le handball, l'autre sport de prédilection d'Henri Sérandour
A Barcelone, tu as donné la preuve de ton sens des responsabilités. Nous venions de gagner la médaillé de bronze, et la nuit était chaude. Un de nos joueurs, Denis Lathoud, t’a abordé pour que tu lui laisses ta voiture afin qu’il puisse continuer à faire la fête à travers la ville. Et tu lui as donné les clés ! »
Guy Drut (champion olympique d’athlétisme aux JO de Montréal 1976, membre du CIO) : « avec Jean-Claude Killy et Henri, nous avons fait un excellent travail en tant que membres du CIO. Nous avons fait en sorte de représenter au mieux le sport français, d’assumer l’héritage de Pierre de Coubertin. Il a laissé une marque indélébile au CIO. »
Sébastien Flute (champion olympique de tir à l’arc aux JO de Barcelone 1992) : « On reconnait les vrais dirigeants quand on ne gagne plus. Pour moi, Henri a toujours su être là. On appelle cela la fidélité. »

Alain Gelès avait évoqué le Congrès du centenaire du CIO de 1994.
Jean-Pierre de Vincenzi (entraineur de l’équipe de France de basket-ball médaillée d’argent aux JO de Sydney 2000, DTN) : « le basket a gagné la dernière médaille des derniers jeux du XXe siècle à Sydney. Henri a su organiser le groupe de supporters qui est venu nous soutenir lors de notre finale. Tu as toujours su mettre les gens au centre du système et pas l’inverse. »
Florence Masnada (double médaillée de bronze en ski alpin aux JO d’Albertville 1992 et de Nagano 1998) : « Henri a su tendre la main aux montagnards. Je le remercie de m’avoir fait confiance. Il a su transmettre à ses équipes son professionnalisme et sa chaleur. »
Alain Gelès (ancien directeur de cabinet d’Henri Sérandour, ancien président de la FF Pentathlon) : « J’ ai été son directeur de cabinet pendant ses deux premiers mandats. Travailler avec lui fut un honneur, un immense plaisir, une expérience fabuleuse. Il a eu la force de vaincre son trac et de faire face à des situations qu’il n’imaginait pas dominer, comme lors du Congrès du centenaire du CIO à Paris en 1994. »

André Auberger, "comme un frère".
André Auberger (trésorier du CNOSF, ancien président de la FF Handisport) : « Dès les débuts, il m’a fait confiance comme trésorier du CNOSF. Et le dossier de la liquidation du COJO d’Albertville 1992 nous est tombés dessus, un énorme déficit. On s’est retrouvés seuls face à ça. Et l’épilogue n’est arrivé qu’en décembre 2008 ! En tant que président de la Fédération Française de natation, il a aussi tenu à associer sa fédération et ses athlètes au handisport. Nous avons convenu d’aborder le sujet avec Juan Antonio Samaranch, alors président du CIO. Cette entrevue a largement aidé à débloquer la situation du handisport à l’échelon mondial. »
Edwige Avice (ancienne ministre des Sports, ancienne présidente du Conseil National des Activités Physiques et Sportives) : « Henri s’est comporté comme un grand frère avec moi. Après avoir été ministre des Sports, je m’en étais éloignée, mais il a pesé de tout son poids pour que je rempile. Je me suis dit que moi aussi, j’appartenais à cette grande famille. »

Marie-Georges Buffet, une amie avant d'être une ministre.
Alain Calmat (médaillé d'argent en patinage artistique aux JO d’Innsbruck de 1964, ancien ministre des sports) : « Il a su resserrer les liens entre les générations. L’Etat et le mouvement sportif ont connu une relation exceptionnelle et il a fait un travail fantastique. Si aujourd’hui, les sportifs, les dirigeants, les politiques sont heureux de se revoir, c’est grâce à Henri »
Marie-George Buffet (ancienne ministre des Sports) : « On a été complices. Il m’a aidée à connaître cette grande famille. Ce n’est pas seulement l’amour du sport, c’est l’attachement au mouvement sportif, à son unité, au développement des pratiques. Tu as su tenir le cap. »
Jean-François Lamour (champion olympique d’escrime aux JO de Los Angeles 1984 et Séoul 1988, ancien ministre des Sports) : « Apprendre à travailler avec toi a été exceptionnel. J’ai appris que quand, d’une part et d’autre, on a commencé à préparer un projet, il ne faut pas le garder pour soi, il ne faut pas le cacher. Jamais tu ne nous as manqué, merci. »

Henri Sérandour et Bernard Laporte.
Bernard Laporte (secrétaire d’Etat aux Sports (2007-2009), ancien sélectionneur du XV de France de rugby) : « Nous, les rugbymen, on ne pensait pas faire partie de la grande famille. Notre sport n’est pas olympique. Alors quand il est venu nous voir, en pleine préparation de la Coupe du Monde 2007, on s’est tous dit “il est fabuleux, ce mec !”. Ensuite, nous n’avons pas toujours été d’accord sur tout, mais on se parle parce que notre intérêt commun, c’est le sport. On trouve toujours des terrains d’entente. Et puis j’ai vécu avec toi mes premiers Jeux à Pékin. C’était extra, et j’ai appris plein de choses à tes côtés. »
Bernard Lapasset (président de l'International Rugby Board) : « En tant que président du CNOSF, tu as toujours eu le sens de l’équité de traitement entre tous les sports, qu’ils soient olympiques ou non. Tu as tout fait pour que chacun soit reconnu. Nous avions besoin de moderniser notre outil, et Henri a été l’artisan autour des principes du monde professionnel. Nous nous sommes mis au travail pour donner un statut à tous les sportifs.

Michel Vial suit Henri Sérandour et ne s'était pas représenté au vote de l'AG du CNOSF.
Enfin, je me souviens de cette journée d’avril 2008, devant l’Assemblée générale des CNO, tous réunis à Pékin pour accuser la France lors de cette histoire de badge. Henri a su trouver les mots pour défendre les athlètes, les protéger et être le garant des règles d’éthique. Il est sorti grandi du débat par l’amour qu’il porte à ses athlètes et son attachement à l’institution. »
Michel Vial (secrétaire général du CNOSF de 2005 à 2009, ancien président de la FF judo) : « Henri a une mémoire encyclopédique du sport français. Il aime les champions et les championnes. Ils savent qu’il les aime et qu’il les connait bien ! »
Laurent Chabaud (directeur général du CNOSF de 2001 à 2009) : « Pour le personnel du CNOSF, je retiendrai : la confiance que vous avez su accorder à chacun d’entre nous; l’affection pour tous les salariés, qui n’a pas empêché l’exigence; l’humour, car nous avons travaillé dans une ambiance conviviale et avons pu, parfois, nous montrer impertinents. Merci président ».

Virginie Dedieu, son message personnel avait ému l'assistance.
Virgine Dedieu (médaillée de bronze en natation synchronisée aux JO de Sydney 2000, triple championne du monde) : « Au terme d'une activité débordante, d'une présence de chaque instant pour promouvoir l'esprit olympique français, le défendre, le représenter, tu as poursuivi le même chemin que nous, tu nous as aimé, tu nous a accompagné. Nous t'aimons et tu nous as montré la voie pour atteindre nos objectifs. 5 858 jours à préparer les échéances sportives. 140 592 heures à soutenir les athlètes. 8 435 520 minutes à retenir son souffle. 506 131 200 secondes à partager nos joies et nos peines. Tu ne fais aucune différence à défendre et comprendre ce qui est en nous; que nous évoluions sur terre, dans l'eau ou dans l'air, à courir, sauter, glisser, nager, pédaler, ramer, taper, slicer, lancer ou bien combattre. Pour ma part, je garde l'image d'une bienveillante protection. Du haut de mes dix sept ans, je rencontrais le président du comité olympique français. D'abord impressionnée je me suis ensuite sentie considérée, écoutée et supportée. Par ton altruisme tu es resté proche dans les durs moments comme dans les meilleurs.

David Douillet, partenaire d'Henri Sérandour pour la préparation des Jeux olympiques de Pékin
Aussi, tout au long de ma carrière et au cours de longues heures d'entrainement, je me suis toujours su soutenue sans pour autant pratiquer la discipline phare de ma fédération. Merci pour ta présence et ton soutien. Crois bien que tu laisses en moi le plus profond respect, celui que tu as mis en nous, les athlètes. »
David Douillet (champion olympique de judo aux JO d’Atlanta 1996 et de Sydney 2000, président de la Commission des athlètes de haut niveau du CNOSF) : « Lors de notre dernier combat commun, avant les Jeux de Pékin, tu as su tenir le cap. Tu as été un formidable commandant du navire. Les 40 médailles gagnées là bas l’ont été grâce à l’action que tu as déployée pour protéger les athlètes. Tu passes le témoin. Les gens de ma génération, Virginie Dedieu, Isabelle Sévérino et d’autres, ont envie de s’investir. Tu leur en as donné le goût. Tu es notre Claude Collard. Tu es notre Nelson Paillou. Tu es notre Henri Sérandour ! »

Henri Sérandour, ému, s'était montré visiblement très heureux de cette soirée.
« Le sport n’est ni de droite, ni de gauche. Le sport doit continuer à avancer. Notre seule politique, c’est de développer les activités physiques et sportives sur tout le territoire. C’est de faire en sorte qu’il y ait les équipements nécessaires pour pratiquer à tous les niveaux, à tous les âges, dans toutes les disciplines. Je suis quelqu’un de simple qui aime son prochain. Mon plus grand regret, c’est d’avoir 72 ans. Et mon meilleur moment, c’est ce soir ! Je ne pensais pas mériter cet hommage, car tous ceux que j’aime sont ici. Je pars donc avec un cœur gros comme ça. J’ai reçu beaucoup de compliments, mais on pourrait aussi les adresser à tous les dirigeants du sport français. Sans vous tous, depuis des générations, je n’aurais pas été là. Je vous remercie de votre affection, je vous remercie d’avoir associé Claude Collard et Nelson Paillou à cet hommage » avait finalement conclu Henri Sérandour.




