Glace : tour d'horizon avec Eric Le Chanony

Eric Le Chanony
Eric Le Chanony, DTN adjoint de la Fédération Française des Sports de Glace, fait le point sport par sport à huit mois des Jeux de Vancouver. Il voit également plus loin, dans une stratégie de développement tous azimuts, de chantiers à mener à bien dans la perspective de Sotchi 2014, voir de l’édition 2018 dont tout le mouvement sportif français espère qu’ils auront lieu à Annecy.
« Pour Vancouver, nous poursuivons deux objectifs » explique Eric Le Chanony, qui fut médaillé de bronze à Nagano 1998 puis champion du monde à Cortina d’Ampezzo en 1999, dans le bob à quatre de Bruno Mingeon. « Tout d’abord, amener nos sportifs de haut niveau dans les meilleures conditions à Vancouver, afin qu’ils y obtiennent de bons résultats. Nous mettons en place des groupes de « médaillables » avec un suivi particulier. Des médaillés dans les grands championnats pour le premier groupe, des finalistes mondiaux et européens dans le 2e, des sélectionnables olympiques dans le 3e, des espoirs pour Sotchi 2014 dans le 4e. Nous ciblons actuellement tous ceux que nous voulons suivre.
Le second objectif est de structurer plusieurs disciplines actuellement peu développées. De relancer une dynamique de projets, ce qui passe par les cadres et les clubs. Nous essayons de recréer du lien et d’augmenter le « réservoir » d’athlètes pour Sotchi, voir pour 2018. Il faut commencer maintenant ! ».
Discipline par discipline, Eric Le Chanony fait le point
Patinage de vitesse grande piste
« C’est un vaste chantier. Nous n’avons pas de référent, pas de piste en France. Il y a un projet d’anneau dans la candidature Annecy 2018. Tout est à faire ».

Stéphanie Bouvier
Short track
« C’est un très bon groupe. Cette année, nous avons mis en place une structure à Albertville avec l’ancien champion Bruno Loscos, qui se charge du « groupe Vancouver », jeune, dynamique et performant. Les leaders sont Stéphanie Bouvier et Thibaut Fauconnet, mais Maxime Chataignier a un gros potentiel. Il relève de blessure. Il y a aussi le relais. Tout est sur de bons rails, avec un planning qui tient la route, dans une excellente ambiance ».
Curling
« C’est l’équipe de Chamonix qui est qualifiée pour les Jeux de Vancouver. Ils sont très autonomes, ils se débrouillent. Je trouve remarquable que l’on réussisse à obtenir de bons résultats en étant esseulés, mais maintenant, la Fédération est derrière eux, elle met les moyens. C’est un bon groupe. Ils ont fait une petite erreur stratégique lors des récents championnats du monde, mais il valait mieux qu’ils la fassent là, et pas dans huit mois !»
Patinage Artistique
« Nous avons un leader chez les hommes, Brian Joubert, qui est préservé pour les sélections olympiques. Autrement dit, il ne rentre pas dans le « chemin de sélection » qui s’applique à tous les autres. Derrière lui, ils sont trois pour une place : Alban Préaubert, Yannick Ponséro et Florent Amodio. Ca va être une belle bagarre ! J’aime ça ! Du côté des filles, il y a les deux Didier, ambitieuses, qui ont des profils opposés. Candice, c’est la classe, Gwendoline est volontaires, mais elles ne devraient pas être en mesure d’aller chercher les médailles.

Nathalie Péchalat et Fabian Bourzat
En danse sur glace, nous avions la médaille quasiment assurée avec Isabelle Delobel et Olivier Schoenfelder, mais Isabelle attend maintenant un heureux évènement. Elle veut cependant être prête pour les Jeux et s’entraîne tous les jours. On ignore toutefois comment se passera sa maternité. Si tout va normalement, ils seront prêts. Dans la démarche d’aller chercher l’or à Vancouver. Derrière eux, il y a le jeune couple Nathalie Péchalat/Fabian Bourzat, ils sont très performants et cela peut jouer avec eux, également. Enfin, en couples, Vanessa James (d’orrigine anglaise) et Yannick Bonheur nous permettent de franchir un cap en ce moment. Ils ont un beau potentiel. Vanessa a la classe et c’est une excellente patineuse. Le couple a de l’allure ».
Bobsleigh, luge, skeleton (BLS)

Grégory Saint-Geniès
« En skeleton, notre leader est Grégory Saint-Geniès. Il évolue dans une approche de très haut niveau. Il a tout ce qu’il faut pour que cela marche. Greg est dans la bonne direction. En luge, nous avons Thomas Girod. Nous lui avons acheté du bon matériel, un aspect vraiment important. Il a muri, et est maintenant prêt à performer. Il est suivi par l’équipe d’Autriche. La Fédération Internationale de Luge (FIL) est très bien structurée, elle offre des bourses et aide les athlètes esseulés à aller s’entraîner avec les meilleures équipes. Enfin, en bobsleigh, la pilote canadienne de très haut niveau mondial Lesa Mayes-Stringer nous a rejoint avec son matériel, et nous misons sur elle pour créer une belle surprise à Vancouver, dans un bob à deux où il reste à sélectionner la « pousseuse » et qui va pour la première fois dans l’histoire, disputer la Coupe du Monde sous les couleurs françaises l’hiver prochain ».
« En résumé, nous avons peu de marge. Tout est fragile, mais nous voulons faire le maximum. Le souyenir du zéro de Turin est présent, nous ne sommes pas en position confortable, mais c’est le sport ! A la FFSG, la configuration président-DTN avec Didier Gailhaguet et Charles Dumont, venu de la Préparation Olympique et Paralympique (POP) fonctionne très bien. Il n’y a pas d’opposition, mais une véritable synergie. »
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